Archive pour la catégorie 'France'

3 QUESTIONS À MISMA

Lundi 11 novembre 2013

Ed – Dopututto # 4

J’ai toujours soutenu cet éditeur, je pense qu’ils n’ont jamais eu la place qu’ils méritent dans les “médias” qui parlent de BD. Les gens de Misma tout comme leur art sont trop modeste. Pourtant loin de toute attitude tapageuse il représente selon moi beaucoup dans la Bande dessinée française. Au milieu des années 2000 quand ils ont commencé et que le paysage se faisait plus moribond, moins créatif. Ils sont apparus discrètement en proposant une évolution intéressante de cette tendance autobiographique qui se faisait trop prédominante. Les amateurs éclairés on tout de suite vu qu’on avait affaire a quelque chose de très prometteur. Et si on regarde avec un peu de recul il on proposé une subtile transition entre la génération de l’association et la BD actuelle, entre autobiographie et relecture moderne des genre. Leur ligne décomplexée, exigeante et curieuse mais pas ostentatoire on fait de cet éditeur le plus important apparu dans les années 2000 en France.

Ça fait un moment que j’essaye de les coincer pour enregistrer une émission de radio avec eux, donc en attendant je profite de la publication du très bon dernier numéro de leur revue “Dopututto Max” pour leur poser quelques questions.

A l’heure où les revues de BD fleurissent où renaissent sans proposer grand chose de neuf, Dopututto reste de loin la plus excitante. Attentif a ce qui se fait en France mais aussi à l’étranger, Misma propose un cocktail moderne et international de BD. Une vraie vision personnelle et qui évolue avec le temps.

4 pages d’Ester Pearl Watson extraites de Dopututto # 5

El Don Guillermo et Estocafich, les frère jumeaux dessinateurs qui ont créer et gèrent Misma répondent à mes questions.

1 ) – Misma a déjà 10 ans. Vous avez mis un peu de temps avant de rentrer dans la cour des grands et être distribué en librairie. Qu’est ce que vous ont appris ces nombreuses années de production en micro édition ?

Pour être franc, c’est difficile de réaliser que cela va faire 10 ans en 2014 que MISMA existe. Nous n’avons vraiment pas vu le temps passer, c’est fou !

Et je crois que MISMA n’en serait jamais arrivé là si nous n’avions pas démarré par la case “micro édition”.

En 2004, on démarrait de zéro : motivés par des auteurs comme Nylso ou Ronald (avec qui nous participions au fanzine hebdomadaire Chez Jerôme Comix), nous imprimions notre premier ouvrage intitulé MISMA, photocopié à 50 exemplaires (une histoire de jumeaux dessinée à quatre mains, qui a donné le nom à la maison d´édition).

Puis l’impression numérique s’est rapidement imposée, avec des tirages de 100 à 200 exemplaires pour une qualité d’impression nettement supérieure à la photocopie. Ça a constitué notre première approche du secteur de l’imprimerie : les contraintes papiers, le façonnage des ouvrages… Nous avons testé divers formats, différentes fabrications… Nous avons fait plein d’erreurs et nous continuons d’ailleurs à en faire aujourd’hui ! C’est une formation sur le long terme. Nous apprenons tous les jours.

Mais en dehors des livres et de leur impression, on a appris énormément en tenant des stands dans les différents salons, en faisant la tournée des libraires nous même. Ça permet vraiment de réaliser comment fonctionne un peu le marché du livre.

Et l’on peut dire aussi que MISMA a grandi avec et grâce aux auteurs : on a construit MISMA tous ensemble et il y a aujourd’hui un lien fort qui nous unit. C’est important de savoir qu’on a toute une petite famille d’auteurs qui nous soutiennent et qui croient à cette aventure depuis le début.

2 pages de Roope Eronen extraites de Dopututto # 5

2 ) – Vous êtes distribués en librairie depuis 2 ans. Quel bilan tirez vous de ces quelques années ?

Il faut savoir que nous nous sommes vraiment posé la question d’un passage en distribution professionnelle il y a deux ans. Nous étions conscient des risques et des contraintes que cela supposait. Mais après 8 ans de micro-édition, nous avons vraiment eu envie de passer à la vitesse supérieure, de nous mettre en danger ! Nous avions aussi besoin d’une nouvelle dynamique à cette époque : on commençait à avoir de plus en plus d’achats sur notre boutique en ligne, de commandes libraire… On passait notre temps à préparer des colis… Mais surtout, les auteurs MISMA de la première heure étaient tentés d’aller proposer leur projet chez des plus gros éditeurs. On avait envie de leur dire “Hé, les gars, partez pas ! On peut faire ce livre là, ensemble, chez MISMA”.

Du coup, on s’est dit qu’il fallait tenter la distribution pro, qu’on pourrait toujours revenir en arrière si cela ne marchait pas.

Et le bilan de ces premières années aux Belles Lettres est plutôt positif. Il faut savoir qu’on avance prudemment, avec des tirages raisonnables… On s’enflamment pas, quoi. On savait très bien que ce serait comme repartir de zéro ; Nous nous sommes rendus compte que la plupart des librairies ne connaissaient pas MISMA, qu’il y avait un gros boulot de communication à faire. Tu prends conscience que ce sont eux qui ont le pouvoir de mettre ton livre en avant ou pas (sans quoi, l’ouvrage termine perdu au milieu d’autres bouquins dans une étagère, personne ne le voit, et il t’est retourné au bout de trois mois). D’où l’intérêt de travailler la com à fond, les services de presses, être présent sur les réseaux sociaux, les festivals…

Je crois qu’on était vraiment loin de réaliser que tout ça prendrait des allures de réelle entreprise et qu’on allait passer le plus gros de notre temps à nous occuper MISMA. Il ne faut pas oublier qu’à l’origine nous sommes aussi des auteurs de BD et que nous essayons de développer nos propres univers.

Je me rappellerai toujours une discussion avec Jean-Louis Gauthey de Cornélius, lorsqu’on hésitait à passer en distribution professionnelle… “C’est vraiment intéressant et excitant comme projet, mais vous allez être amenés à sacrifier votre travail d’auteur…” Aujourd’hui, ces mots deviennent vraiment réel … Dur-dur de concilier les deux. La chance que nous avons, c’est d’être deux et de se partager les tâches. Quand il y en a un qui commence à baisser les bras, l’autre est là pour dire “allez faut pas laisser tomber!”.

On essaye donc de garder le rythme pour cette troisième année, avec pleins de nouveaux projets de livres vraiment excitants à venir !

3 Pages de Paul Paetzel extraites de Dopututto # 4

3 ) – Pourquoi est-ce important de continuer a avoir une revue au milieu de votre catalogue ?

La question de la survie de la revue est venue sur le tapis lors de notre première réunion avec Les Belles Lettres, justement. Comme on peut l’imaginer, une revue de bande dessinée (même comme LAPIN) a du mal à trouver sa place dans les librairies et se vend assez mal… On a été averti dés le début. Mais pour nous, la revue DOPUTUTTO fait partie de l’histoire de MISMA ; c’est notre laboratoire graphique, notre espace de liberté de création et d’expérimentation. Et puis c’est gràce à la revue que nous rencontrons de nouveaux auteurs et que de nous pouvons tester des nouvelles collaborations ! Au sommaire de ce numéro 5, par exemple, nous avons la chance d’avoir des pages d’Esther Pearl Watson (USA), de Roope Eronen (Finlande) ou encore de Simon Hanselmann (Australie) – Avec qui nous parlons déjà de publier de futurs livres chez MISMA!

C’est pour cela que nous nous sommes battu pour la garder. Nous avons essayé de lui donner un deuxième souffle en repensant son format lors du passage en distribution (dos-carré collé de 128 pages, pages en couleurs et en noir et blanc, format “Picsou Magazine”).

Mais on ne peut pas dire que cette nouvelle formule soit un gros succès en librairie… Au contraire, les ventes diminuent à chaque numéro et nous devons sans cesse revoir le tirage à la baisse… C’est pour cela que le prix de la BD alternative reçu à Angoulême cette année nous a rempli de joie ! C’est un prix qui pour nous récompensait tous les auteurs et le travail que ça demande derrière. Nous espérons vraiment pouvoir publier encore de nombreux numéros de la revue DOPUTUTTO MAX !!!

DOPUTUTTO MAX

Misma – 10 euros

misma.fr

Yassine

COLLECTION CUBES

Vendredi 1 novembre 2013

Chamo, illustratrice et génératrice de projets dans le milieu du dessin via L’Articho propose ces jours une collection de livres cartonnés pour les tout petits. Un collection édité par les fourmis rouges, une jeune maison d’édition créée par Valérie Cussaguet (Ex. Thierry Magnier), une éditrice chevronnée dont elle est proche. C’est à sa demande qu’elle a rejoint les fourmis rouges pour créer cette collection Cubes .

A l’heure actuelle le livre doit s’accompagner d’une pensée formaliste. L’idée de Chamo radicaliser l’objet qu’on appelle “tout carton” pour en faire des cube. Par ses choix graphiques simples son idée était de se rapprocher des cubes pour enfant, ceux qu’on empilent pour jouer. L’idée : faire des livres qui chacun tourne autour d’une forme géométrique, une forme basique mais ouverte à milles jeux graphiques pour que les illustrateurs puissent s’en emparer. Première fournée avec trois illustrateurs proches de l’Articho, moi même, elle même et Vincent Mathy plus un grand nom du dessin actuel, polyvalent et ouvert d’esprit : Jochen Gerner.

A l’occasion de a sortie de cette collection, je me devait de soutenir ce projet. J’ai donc proposer à Chamo de répondre a quelques questions sur ces livres.

1 ) — Pourquoi lancer une collection pour les tout petit ?

C’est parti d’une constatation que j’ai faite en travaillant en librairie. J’ai du mal à trouver des livres qui me plaisent pour les tout-petits. Les livres les plus adaptés à cette tranche d’âge sont souvent un peu pauvres graphiquement. Ou bien c’est joli mais creux. Heureusement il y a des exceptions, mais c’est quand même pas très glorieux.
Je me souviens quand j’étais jeune illustratrice, une éditrice m’avait conseillé de «me faire la main» en proposant des projets pour les tout-petits. C’est dire le manque de considération pour ces ouvrages.
Je trouve au contraire que c’est une tranche d’âge passionnante. Les textes sont succints, voire inexistants, du coup l’image et l’idée sont au centre du livre.
Comme beaucoup de dessinateurs, je peux avoir bonnes idées, mais je ne suis pas forcément à l’aise avec l’écriture. Là, le problème ne se pose pas : Cette collection permet aux illustrateurs d’être auteurs de leur livre. Ils font passer leurs idées à travers les images, sans être desservis par une syntaxe approximative ou un style littéraire maladroit.
Ce qui m’intéresse aussi, c’est aussi l’aspect minimal des livres pour les tout-petits. Tout doit être exprimé avec clarté si on veut toucher ce public. Cela semble simple mais ça ne l’est pas. Les images les plus épurées sont souvent les plus difficiles à composer.
Autre chose appréciable, les tout-petits n’ont pas encore d’à priori, on peut les emmener où on veut…

2 ) — La relation parent / enfant autour du livre à cette âge là est très importante ? Quelle réflexion as tu développé autour cet aspect là ?

Bien sûr, à cet âge là c’est primordial. Ce sont les adultes qui entourent l’enfant qui vont lui donner le goût du livre… ou pas. Le rituel du soir avec la petite histoire avant de dormir est un moment très privilégié pour ceux qui le pratiquent. Tendre et intime.
L’enfant en bas âge est complètement dépendant des adultes. Si on ne lui montre que des Tchoupi, il aura cette seule référence. Mais si on lui propose des lectures diversifiées, et qu’on lui montre toutes sortes d’images, il développera très vite des goûts propre. Au delà des livres qui leur sont destinés, c’est aussi valable pour ceux qui traînent à la maison. Parfois les livres «interdits» sont encore plus aimés ! Ce qui est formidable avec les petits c’est qu’ils peuvent adorer à la fois les Teletubbies et Richard Scarry, Hello Kitty et les dessins animés tchèques…

3 ) — Comment on été choisis les auteurs de cette collection ?

Le collection tourne autour des formes. Je voulais donc des illustrateurs assez formalistes, très graphiques et qui aient une vraie réflexion sur le livre. J’ai tout de suite pensé à Jochen Gerner. C’est à la fois un illustrateur qui s’adapte très bien à l’univers de la jeunesse, et un plasticien capable de faire des séries de dessins très conceptuels à destination des galeries. Il y a une intelligence dans son travail au delà de l’aspect formel.
En ce qui concerne Vincent Mathy et Yassine, ce sont deux vieux compères avec qui j’ai l’habitude de travailler. Tous deux des passionnés d’images et de graphisme. Ils sont exigent, sur le fond comme sur la forme et pensent le livre dans son ensemble. C’est toujours enrichissant de travailler avec eux, même si on est pas toujours d’accord !
Le travail de Vincent s’adapte très bien au thème des formes géométriques, ainsi qu’à la tranche d’âge : Son dessin est très graphique, épuré. Mais il dégage aussi beaucoup de douceur, de tendresse. On le sent très connecté aux sensations de l’enfance
Et en ce qui concerne Yassine, j’ai tout de suite été emballée quand il a trouvé le concept de «Ploc». Ce livre est un ovni parfaitement adapté aux petits. Minimaliste mais marrant !
Quand au quatrième livre, il est de moi. C’était une volonté de l’éditrice, Valérie Cussaguet. Elle a eu raison : C’était vraiment bien que je me confronte aux mêmes contraintes que les autres artistes. Et j’ai pris beaucoup de plaisir à le faire. Manier, assembler les formes géométriques est un bonheur sans fin. Les enfants ne diront pas le contraire.

- JOJO & CO de Vincent Mathy
- MACHIN TRUC de Jochen Gerner
- PLOC de Yassine
- SENOR NACHOS de Chamo

au Fourmis rouge – 8,50 euros

editionslesfourmisrouges.com

Pour finir, je vous invite à fêter la sortie des livres en venant boire un coup en notre compagnie à La Sardine à lire, excellente librairie parisienne pour enfant. Apéro et vitrine spécial cubes à apprécier sur place.

Samedi 2 novembre – 18h
SARDINE À LIRE
4 rue Colette – Paris 17
M° : Guy Moquet

sardinette.wordpress.com

Yassine

FANZINES – MA SÉLECTION 7/7

Mardi 29 octobre 2013

Pour finir quelques fanzines de mon choix. J’ai fait en sorte bien évidemment de choisir des publications qui ne sont pas dans la sélection des autres, pour compléter ce tour d’horizon déjà très riche.

Et pour vous, quel sont les fanzines marquants de l’année ? J’attends vos commentaires.

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LTDC de Kerozen
2013 – France – FLTMSTPC – Numérique – 20 ex. -

Impossible de faire un tour d’horizon annuel sans parler du maître du fanzine. Ce “tortue génial” de la micro édition qui a tendance a disparaître des radars. En effet il a clos tous ses comptes Flicker, Tumblr & cie peu de temps après avoir commencer à archiver sa production en ligne . Cette année il a dut publier déjà une dizaine de fanzines de ses dessins plus quelques production chez d’autres éditeurs (Re:surgo, FP&CF et Nieves).

Je suis passé récemment chez lui pour lui acheter quelques un de ses fanzines. J’aurais pu en choisir plusieurs tant sa production est riche. Mais Je me suis arrêté sur celui-ci : un grand format tout en couleur. Il s’agit d’une des variations dans son travail qui m’a le plus séduit. J’aime quand il fait de la couleur. Surtout quand il utilise ses gammes très éclatantes. Là son travail est plus géométrique, très proche de l’abstraction. Il semble joué avec une grande liberté avec les codes qu’il s’est créé, sans cesse les enrichissant, les renouvelant. J’y vois un plaisir assez primitif du dessin et de sa colorisation : tracer des ronds, des carrés instinctivement puis les coloriés avec des couleurs primaires. Et j’aime l’objet simple, modeste, mais tout de même bien imprimé et sur un beau papier. Toujours le soin de l’objet sans vouloir pour autant faire trop luxueux. J’apprécie cette retenue signe d’une grande exigence. Ça donne un résultat vraiment

1 : 1 : 1 # 3 METAHAVEN + NIESSEN & DE VRIES + DRUKKERIJ MART. SPRIJT
2011 – Hollande – Niessen & De Vries – Offset – 500 ex. – 10 euros

Acheté au festival de l’affiche de Chaumont. L’idée de cette publication est de mettre en relation trois éléments. Un artiste dont il est question, ici le collectif de graphiste hollandais METAHAVEN, interviewé par le duo de graphiste NIESSEN & DE VRIES (Richard Niessen & Esther De Vries) qui ont aussi fait la mise ne forme de cet entretien. Enfin dernier apport, un imprimeur qui va travailler sur l’objet. L’idée est bien entendue de créer une symbiose entre ces 3 maillons de la chaîne. Sens, forme & production.

Ici j’aime beaucoup la façon dont les paroles de chacun sont encapsuler dans des formes géométriques. Rendant extrêmement visuel les propos de chacun. La “narration” de l’interview est rendue visuel par ses blocs de couleurs qui interagissent. Il y a là une réflexion sur la mise en forme du texte qui rappelle des éléments de la BD : éclatés, bulles récitatifs. J’ai l’impression de voir une synthèse entre de la BD et du graphisme mais il s’agit surtout d’un exemple brillant de réflexion sur le fond et la forme en terme de maquette.
niessendevries.nl

TABLES
de Mike Redmond & Faye Coral Johnson
2012 – UK – Café royale – Numérique – 250 ex. – 4,5 £

Découvert sur les murs de la médiathèque cette collaboration entre deux des meilleurs dessinateurs anglais du moment. Leurs deux styles jetés, très fort et plein d’effet graphiques brut se complètent et s’enrichissent pour faire un superbe zine très free style.

fayecoraljohnson.com
flickr.com/photos/mikeredmond

TOUTOUS TRAMES d’Aurélien Débat
2012 – France – Auto-édition – 100ex. X 2 – 8euros

Troisième occurrence dans cette sélection pour ce dessinateur. Si j’aime beaucoup aussi “La cuisine moléculaire” le style très géométrique me fait encore trop pensé à Jochen Gerner. Toutou trames propose à mon avis une approche plus personnelle de l’usage des trames. Un usage brut et simple qui donne une vibration très belle aux image. C’est encore plus réussi dans les images qui sont en couleur.

aureliendebat.fr

BORINAGES BIBLES de Jackie X
2012-2013 – 38 quai notre dame – Sérigraphie

Depuis 2 ans l’association 38 quai notre dame de Tournais produit ses Borinage bibles. Version du nord des Tijuana bibles, ces petit livres pornos bon marché qui étaient vendu sous le manteau au États-Unis. Les Borinage bibles sont de petits livres de 8 pages vendu par 4. Ils sont sérigraphiés de manière irrégulière et propose comme leur modèle des parodies pornos de BD d’hier et d’aujourd’hui. Le plaisir est évidement de voir les séries de notre enfance ou les meilleures bd indés tournés en dérision avec un humour bas de gamme et un maximum de pénétrations. Il y un plaisir régressif a collectionner ses petits objets gentiment sulfureux.

borinagebibles.blogspot.fr

CLOWN 2 de Kikifruit
2013 – France – F.L.T.M.S.T.P.C. – Numérique

La suite de son premier excellent fanzine paru l’année dernière, voir ici. C’est toujours aussi déviant. Une bizarrerie comme je les aimes.

Sa page Flickr

VAN IMPEDUGLIA de Laurent Impeduglia
2013 – Belgique – Roydanvers Publishing – Riso – 100 ex – 10 euros

Objet étrange produit par le dessinateur Benjamin Demeyere. Il a récupéré tous les carnets du peintre Laurent Impeduglia et avec il a produit une série de fanzines, neuf en tout, plus des posters, imprimés en riso avec des couleurs différentes sur des papiers de couleurs différentes. Ses dessins primaires et idiots se retrouvent avec une présentation colorée, très pop. Il y a un coté fun et décadent que j’aime beaucoup dans cette production qui met bien en valeur l’absurdité et l’humour du travail d’Impeduglia. Impossible de ne pas être plus dans l’esthétique actuelle du fanzine que dans cette production très réussie.
impeduglia.com

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À noter aussi

- CACAS RATÈS d’Olivier Texier (Dessiner c’est Gagner)
- SANS TITRE d’Héléne jeudy (F.L.T.M.S.T.P.C)
- 4O PAGES DE GAG D’Eliott Dadat et Tom Lebaron-Khérif (Auto-édité)
- LA BANANE de Paul Loubet (French Fourch)
- DOLPHY de Marion Balac (Auto-édité)

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fanzines.papiergache.net/fr

FANZINES – SÉLECTION 6/7 – LES MACHINES

Samedi 19 octobre 2013

LES MACHINES

C’est un collectif d’auteurs issus des beaux arts d’Angoulême. Ils s’auto-éditent et impriment eux mêmes avec les machines qu’ils ont acheté avec l’argent d’un défi jeune. D’où leur nom. Un des meilleurs collectif dans le milieu de la micro édition actuel. Trois d’entre eux nous proposent une sélection de 5 fanzines.

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LA CUISINE MOLÉCULAIRE — 1. TRADITION ET MODERNITÉ
d’Aurélien Débat et Laurence Lagier
2013 – France – auto-édition – Riso – 130 ex. – 8 euros

Je l’ai découvert très récemment dans la sélection exposée au Festival Fanzines. J’ai été immédiatement charmé par le côté simple, épuré mais très soigné de l’objet. Le dialogue entre ces deux dessins/auteurs est très réussi, avec des images à la limite de l’abstraction et du schéma qui provoquent un humour décalé vis à vis des titres.

DLCTVB

Laurencelagier.blogspot.fr
aureliendebat.fr

LONDON FASHION / POUPY
de Pierre Ferreo / Luca M
2013 – France – Arbitraire – Offset – 9 euros

Ce livre est le premier ouvrage de la collection Atome aux éditions Arbitraire. Il regroupe deux histoires différentes, l’une réalisée par Lucas : « Poupy », l’autre par Pierre Ferrero : « London Fashion by Isaac Neutron ».
J’apprécie le fait que ces deux auteurs aux travaux et aux univers différents soient réunis dans la même œuvre.
Le style de Pierre Ferrero se caractérise par un dessin à la ligne claire, des personnages aux mouvements dynamiques et des couleurs psychédéliques. Le héros Isaac Neutron se balade entre les rues de Londres et les espaces surréalistes de ses trips, provoqués par une consommation excessive de Marijuana.
Celui de Lucas se détermine par un dessin mélangeant des personnages aux formes très simplifiées et un graphisme fouillis et détaillé, avec des couleurs jaunâtres-marrons. Les actions sont très statiques. Les héros, Poupy et son maître vivent reclus dans une maison entourée de paysages mystérieux et sauvages, bref on ignore où le récit se déroule.
Malgré toutes ces différences, on comprend assez facilement pourquoi Pierre Ferrero et Lucas ont été réunis dans le même livre.
Le thème principal abordé dans les deux récits : l’amitié est traité avec un humour similaire.
Un humour à la fois absurde et noir. Ces deux points communs font de ce livre, non pas un simple recueil réunissant deux auteurs aux styles bien différents, mais un ouvrage drôle, cohérent et sensible.
Bref un objet à la fois paradoxal et homogène traitant de l’amitié de manières bien différentes.

Guillaume Berrut

maisonderetraite.tumblr.com
arbitraire.fr
ierferrero.blogspot.fr

ÉTUDIANT de Marion Balac et Adrien Fregosi
2013 – France – Photocopies – 25 euros

Ce projet imposant ( 520 pages ! ), en forme d’inventaire m’a beaucoup plu, je l’ai vu et lu comme une tentative d’épuisement de ces expérimentations plastiques et réflexions doucement réac, potaches, inattendues, et parfois franchement drôles que l’on retrouve dans toutes les universités sur les murs, portes, tables etc.
Réalisé au terme de quatre jours de résidence sur le campus de Grenoble avec les moyens à disposition sur place. On y découvre pêle-mêle, mis en page avec l’urgence de la photocopieuse : des photos, dessins de tables, graffitis, dessins de marges, dessins sur des morceaux de papier/ photocopies de documents administratifs universitaires, relevés de notes…
Bref une somme de ce qui constitue l’atmosphère quotidienne sur un campus compilé par Marion Balac et Adrien Fregosi.
Là encore, outre le propos foisonnant, ce qui me séduit ce sont les choix qui constituent cet objet qui en font pour moi une proposition résolue tant en terme de contenu que de forme : les moyens du bord, simples et efficaces, qui font que l’aspect du livre se situe dans le même axe de lecture que cet univers qu’il embrasse.

DLCTVB

marionbalac.com
presencebarree.tumblr.com

UNE AVENTURE DE BLOPS de Clément Xavier
2013 – France – Na éditions – Numérique

Blops fait la vaisselle quand soudain :
_ Nom d’un Blops ! Une fuite d’O !
Clément Xavier, auteur talentueux au travail foisonnant, co-fondateur avec Lisa Lugrin des éditions Na nous offre à suivre ici l’aventure de Blops, à la poursuite de sa fuite d’eau.
Une histoire palpitante, surprenante et stimulante, colorée et rythmée – de beaux dessins, de belles idées, de belles couleurs – Frouch, Plop, Bong, Pling, Dring et … Blops !
Zut ! A défaut d’un plombier il me faut un plan B.

Blops

Roméo Julien

MILLE-FEUILLES 0100 – 0001 de Margaux Duseigneur
2013 – France – Couteau – Numérique – 30 ex. – 39 euros

Mille-feuilles est le livre du très beau projet de dessin sur calque de Margaux Duseigneur. Elle a entrepris une série de 1000 dessins dont elle se propose de faire un livre tous les 100.
Édité par le collectif Couteau, il regroupe ces dessins colorés, aux formes proche du dessin schématique ou d’une architecture abstraite.
L’idée de la série est très bien représentée par l’objet qui reproduit la lecture en transparence puisque le livre est entièrement imprimé sur papier calque. On y retrouve toute la fragilité et la finesse des images de Margaux Duseigneur que vous pouvez par ailleurs consulter sur son site :

DLCTVB

cargocollective.com/mille-feuilles
couteaucouteau.com
http://margauxduseigneur.blogspot.fr

FANZiNES ! – SHOW & TELL

Vendredi 11 octobre 2013


Sam. 12 oct. – 15h30

Nos invités sont tous des dessinateurs proches du milieu de la micro édition. Si la qualité de leur travail est indéniable, c’est avant tout à leur coté curieux et dénicheur auquel nous allons faire appel. Chacun d’entre eux va venir nous présenter 3 fanzines. Des Objet graphiques qu’il les ont touché, influencé, amusé ou qui font parti de leur histoire personnelle. Il nous raconteront pourquoi ces objets sont intéressant, originaux, curieux, amusants et unique.

PLACID

Pseudonyme emprunté au personnage éponyme, bien connu des lecteurs de pif. Ce dessinateur expérimentateur frénétique est une figure importante du graphzine (CBO, Fusée, Réciproquement) puis de l’édition indépendante ( L’association, Les requins marteaux ). Acteur de l’histoire de l’underground en France depuis le début des années 80 ou il a commencé a publier. Il est sans doute un des dessinateur qui possède une des cultures les plus riches en ce qui concerne le dessin.

toutplacid.tumblr.com


SHOBOSHOBO

Dessinateur, connu pour ses dessins spontané, brut, direct et étrange mais non dénué d’humour. C’est aussi quelqu’un qui a cœur de transmettre un savoir, une culture. Il le fait via l’enseignement. Il est professeur à L’école Estienne. Il anime aussi bon nombres d’ateliers régulièrement. Pour finir il édite le travail d’autres dessinateurs dont il aime le travail dans sa série de fanzines Decapitron

shoboshobo.com

JEAN-PHILIPPE BRETIN

Dessinateur, graphiste et curieux de tous ce qui touche au dessin et a la typographie. Il publie régulièrement des fanzines avec son collectif Modèle puissance mais est aussi un acteur qui défend la culture du dessin au sein de Collection, une revue annuelle qui s’est fixé pour but de donner la parole aux dessinateurs dans de longs entretiens passionnants.

jeanphilippebretin.fr

DANS LE CIEL TOUT VA BIEN

Ce jeune dessinateur s’est fait une spécialité des dessins de paysage, très souvent dessiné sur post it. Des Image très belle caractérisées par leur ambiance jaunâtre et mélancolique. Il s’intéresse de prés à la micro-édition et a fait dans le cadre de ces études un mémoire sur le sujet . Il fait aussi parti des Machines, un collectif d’auteurs qui s’auto-éditent et impriment eux mêmes avec les machines qu’ils ont acheté. D’où leur nom.

danslecieltoutvabien.blogspot.fr

15h30 (~ 1h30)
Médiathèque Marguerite Duras
115 rue de Bagnolet – Paris 20
M° : Alexandre Dumas
Gratuit

fanzines.papiergache.net

Yassine

IMAGE 187 – TOM LEBARON-KHÉRIF

Mercredi 9 octobre 2013

Très beaux dessins étranges de kebab spatials par ce jeune dessinateur français (Je crois).

muscles-2000.tumblr.com

Yassine

FESTIVAL FANZINES ! 2013

Mercredi 2 octobre 2013


3 Novembre – 3 octobre

Affiche face A – Roope Eronen

Affiche face B – Roope Eronen

La nouvelle édition de fanzines ! 3ème du nom débutera officiellement ce jeudi avec l’expo inventaire 2013 à la médiathèque Marguerite Duras et se poursuivra jusqu’au 3 novembre avec cette année un programme copieux. Je ne vais pas tout vous détailler. J’essaierais d’annoncer au fur et a mesure les exposition et autre événements. Sachez que j’ai pris part à l’organisation du salon en compagnie de l’équipe de papier gaché. Je me réjouis donc de vous croiser ce
jeudi soir à la médiathèque.

INVENTAIRE 2013
Fanzines & graphzines

Comme chaque année à l’occasion du festival, de nombreuses structures sont sollicitées par un appel à participation. Ils ont envoyé leurs productions qui seront présentées dans le cadre de cette exposition : colonne vertébrale du projet du festival. Cet accrochage propose un panorama annuel qui montre la richesse et le dynamisme de cette partie souterraine de l’édition et présente un état des lieux de la production, révélateur de ses évolutions éditoriales et esthétiques.

Plus de 700 fanzines et graphzines en provenance du monde entier : Mexique, d’Italie, des États-Unis, du Portugal, de Chine, de Corée du Sud, d’Espagne, du Brésil, du Royaume Uni, du Canada, d’Argentin,de Slovaquie, d’Allemagne, de Suède, du Chili, de Suisse, de Taïwan, de Colombie, de Croatie, de Belgique, d’Australie, du Danemark, des Philippines, de Pologne, de Turquie, du Pérou, du Liban, de Bolivie, …

Ces publications viendront grossir le fonds de la Médiathèque Marguerite Duras. Un fonds public inédit car il est le plus important en France dans un lieu grand public. Les publications seront directement disponibles au prêt un fois l’exposition achevée.

Accrochage d’œuvres de :

— Julia Boehme ( Allemagne )
Paolo Cataneo ( Italie )
Angela Dalinger ( Allemagne )
Kinrisu ( USA )
Paul Loubet ( France )
Julie Michelin ( France )
Hugo Ruyant ( France )

Vernissage : Jeudi 3 octobre 19 h 30

3 octobre – 3 novembre
MÉDIATHÈQUE MARGUERITE DURAS
115 rue de Bagnolet – Paris 20
M° : Alexandre Dumas

Après le vernissage de l’expo venez vous relaxer dans une ambiance confortable à l’écoute de musiques exotiques et décontractées.

CANAPÉS PARTY

LIVE :

Kinrisu { Usa – Paris } — Psyché-folk

SELECTORS :

- Dj Bonjour
- Dj Alfred Hitchcock magazine
Rumba Congolaise, Lounge Bollywood, Doo wop, Country,
Cha cha, Chicha, Cumbia, Opérette libanaise, Electro africaine, …

Jeudi 3 oct. — 21h — 4h00
GAMBETTA CLUB
104 rue de Bagnolet – Paris 20
M° Alexandre Dumas

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Demain sera disponible aussi le journal du festival, un gratuit de 32 page. Au sommaire bd et dessin issu de l’underground.

Le site du festival

Yassine

EDBANGER

Vendredi 16 août 2013

Difficile d’évoquer tous ces labels parisiens électro sans parler du plus connu d’entre eux : Edbanger qui a fêté ses dix ans d’existence cette année. Leurs pochettes ainsi que toutes la communication du label sont gérée par le dessinateur So-me. Qu’on ne présente plus et qui a fait un travail très intéressant. Son style a un coté pop art très illustrative. On sent chez lui un plaisir du dessin très premier degré qui donne des résultats très frais. Il y une légèreté dans son approche de l’image et de la composition notamment. Un coté foutraque toujours bien géré, structuré par des rapport de couleurs très franc, très efficace. Ses images dégagent un esprit superficiel, acidulé et décomplexé que j’aime beaucoup et ça colle avec l’esprit festif et fun de ce label.

Voilà donc un petit florilège de pochettes que j’aime bien. Je n’ai pas trouvé toutes les infos sur ces pochettes. La plupart on été dessinée par So-me lui même mais pour certaines je n’en suis pas sur.

Pochette d’Irina Dakeva

Le portfolio de So-me

edbangerrecords.com

Yassine

BROMANCE

Mardi 13 août 2013

Pochette de Viktor Hachmang

Encore un label parisien dédié à la musique électronique, du genre qu’on a pas envie d’écouté. Mais qui cultive l’art des belles pochettes toujours dans un style graphique très moderne. Cette fois ci chaque pochette est confiée à un artiste différent. On notera que certaines on été réalisées par certains des meilleurs dessinateurs de BD américains actuels.

Pochette de Jesse Auersalo

Pochette de Benjamin Marra

Pochette de Johnny Negron

Pochette de CF

bromancerecords.com

Yassine

Merci à Boss Latino pour le tuyaux

SOUND PELLEGRINO

Lundi 12 août 2013

Moins fort que Marble mais tout de même assez intéressantes les pochettes du label parisien, lui aussi, Sound Pellegrino. Même genre de productions, et un style de maquette assez proche. J’aime bien le coté relecture des pochettes du label de musique classique Deutsche Gramophone. Elle sont signées par une agence de graphistes parisienne bien connue : Ill studio.

ill-studio.com

snd.pe

Yassine