L’INVITÉ DU MOIS - 03 - VINCENT MATHY

Avec un peu de retard, voici l’invité du mois de novembre.
Une actualité conséquente pour ce dessinateur belge : Un beau livre chez Gallimard et une expo à Liège. Une bonne occasion pour moi de l’inviter dans cette rubrique, car c’est aussi un des plus fin connaisseur en matière d’illustration.
Après des études de dessin, il commence à travailler à la fois comme illustrateur et comme auteur de bd. La série Ludo publiée chez Dupuis propose une bd dans la bd. En effet le personnage éponyme est fan de l’inspecteur Castar, une bd qu’il lit sans cesse et qui raconte les histoires un flic prisonnier d’un exosquelette, qui lui donne une force prodigieuse. C’est Vincent Mathy qui anime les aventures de ce policier avec un dessin très graphique, un peu ligne clair mais plus moderne. Cette série n’est malheureusement pas beaucoup mise en avant par l’éditeur. Dommage car c’est une des rares bonnes choses éditées par Dupuis dans les années 90/2000. Une série qui s’adresse aux enfants avec une certaine intelligence et aborde des sujet contemporains en les plaçant simplement dans le réel. Sans négliger une part d’imaginaire qui s’exprime dans les pages de Castar.

Spirou hebdo publiera même le faux magazine de Castar encarté dans le journal. 12 numéros où les auteurs de la série (Bailly, Lapière et donc Mathy) inviteront des illustrateurs et auteurs de bd parmi les plus passionnants du moment. Un savant mélange de bd et d’images qui annonce l’approche moderne d’un journal comme Capsule Cosmique. L’intégrale de Castar Mag sera vendu dans un fassicule joint avec le tome 2 de Ludo.

Parallèlement il développe un univers encore plus personnel dans l’édition jeunesse. Il aime à créer des ambiances tout en douceur . La nature est le sujet ou il s’exprime le mieux. Créant des images où des personnages plein de charme s’ébattent dans des décors bucoliques. Chaque détail est pensé, il sait très bien retranscrire la sensation de la nature qui l’entoure tout en la stylisant de manière forte. Son dessin semble vivre au rythme des saisons comme si il mettait sur le papier les changements de la nature qu’il observe par la fenêtre de son atelier (Il vit à la campagne).

Une approche graphique très documentée donc, mais jamais assujettie à la réalité. Il sait composer ses images pour les rendre graphiques et séduisantes. On a envie de se promener dans cette nature recrée ou la flore semble si belle, de mettre un bonnet et de rentrer dans ses images pour fouler du pied cette neige qui semble si duveteuse.

Son art de l’ambiance culmine dans son dernier livre très impressionniste”La plus grand bataille de polochons du monde”. Le titre un peu trop tapageur est trompeur. L’intérêt réside ailleurs, il recrée les sensations de l’enfance dans des grandes compositions ou plein de petites histoires se croisent. On se perd dans les images, on se laisse imprégner par cette sensation de fouilli , de chahut ludique. Vers la fin du livre dans un mouvement final les personnages convergent dehors pour un final plein de quiétude. Un bel album hivernal !

La plus grand bataille de polochons du monde
de Vincent Mathy & Vincent Cuvellier - Gallimard - 12,50 euros
Exposition
du 21 novembre au 15 janvier
Librairie Livres aux tresors
4 rue S. Laruelle - Liège 4000
Sa page Flickr.
Yassine
9 décembre 2008 at 8:02
Le dessin est vraiment très beau. J’essaierai de rechercher ce livre car je suis toujours très friand des bons livres jeunesses. Et puis j’ai découvert l’humour de Vincent avec le livre de ma demoiselle chez le Rouergue.
10 décembre 2008 at 9:26
Vincent c’est le meilleur
15 décembre 2008 at 8:56
[…] Et si vous désirez en savoir plus sur lui, je vous invite également à aller faire un tour sur lezinfo qui lui a laissé sa place d’invité du mois de novembre (je sais, je suis en retard) et […]
16 décembre 2008 at 9:21
Ah quand le petit best of des livres pour enfants de cette année?
16 décembre 2008 at 9:22
“Ã quand”
25 décembre 2008 at 5:51
Ca vient. Patience !
Yassine
11 décembre 2009 at 11:46
[…] Le prochain exercice : dessiner un ours à la Marc Boutavant, un monstre patate à la Delphine Durand et un enfant à la Vincent Mathy. […]