
Grégol et Poluar: Bonjour les amis!
Poluar: Alors aujourd’hui nous allons vous parler de..
Grégol: graffitiiiii !!
Poluar: Ah oui Grégol, mais pas n’importe lequel.
Professeur Poluar: Laissez nous vous introduire dans le monde étrange et enivrant du graffiti primitif campagnard. Il n’est pas si éloigné de son cousin urbain, mais ce dernier reste plus directement influencé par ses aînés. L”homme des champs, lui, évolue loin de toutes sphères d’influence. Mais c’est le cas plus précis du graffiti débutant qui nous intéresse ici.
Professeur Grégol: Dans le jargon du graffeur, on appelle cela, du “graffiti de toy”.
Professeur Poluar: Mais, professeur Grégol, a quoi reconnaît on un graffiti de ” toy “.
Professeur Grégol: Mon cher Poluar, c’est bien simple. Tout d’abord, nous pouvons nous attarder sur la signature, ou, comme il se dit dans le milieu “le blaz” (ou zeubla). Généralement, elle est influencée par le vocabulaire du “hip hop” (musique et style de vie urbain), mais aussi par la drogue (qui n’est pas tres loin du “hip hop”), et les cultures exotiques.
Exemples: Nombre de dérivation autour de NTM, sniper, lascar, said, kaira, kiffeur, splif, benz, weed, ganja warrior.
Le message possède souvent une forte portée politique. On y prône souvent la dépénalisation des drogues douces, la démobilisation de la garde nationale, ainsi que deuhor lé bounioul. On notera aussi un régionalisme récurent qui tend à préciser systématiquement le département associé à l’artiste. (et club de foot si il y a). Exemple: spliff 62 n’a pas de lien de parenté avec spliff 27.
Professeur Poluar: Pour ce qui est de l’oeuvre, on peut mettre en exergue un nihilisme chromatique associé à une anarchie formelle. La gestuelle est elle, bien souvent à l image de l’état d’alcoolémie de leurs auteurs. Chez nous, on boit tôt.
Professeur Grégol: D’un point de vue publicitaire, notons qu’a l’inverse de leurs aînés, on dénote un certain attrait pour les petites pièces, toutefois lié à une économie de moyen. Les bombes sont souvent de mauvaises qualités et de la même couleur que la mobylette du cousin.
Professeur Poluar: Mais trop de discours mon cher Grégol. Passons tout de suite aux diapositives.
Clic.

Notez la contradiction évidente, caractéristique de l’humour acerbe et absurde de l’auteur. Un “street” dans la “forest”.
clic.

Un graffiti nettement plus influencé new yorkais. Le sujet dispose de toute évidence d’un accès à internet.
clic.

De toute évidence son auteur nous invite à un questionnement. Quel est donc ce carré au dessus du “beuz”.
clic.

Un travail brutal, et sans fioritures, basé sur la superposition.
clic.

Un auteur manifestement au chômage et qui le revendique fièrement en ne montrant aucun respect pour ses aînés. “Chomeur” ne recule devant rien et repasse même les mastodontes du graffiti. Chapeau. Clic.

Le cas peu courant d’un travail de commande. L’œuvre n’a pour une fois pas été exécuté dans la hâte, et leurs auteurs ont pu placer un petit décor sympathique. A noter, la présence de petits champignons, éléments récurrents dans le style. Clic.






Et pour finir, ces œuvres provenant toutes du même pont, que mon cher acolyte Gregol a pu avoir la joie de découvrir au gré d’une sympathique petite promenade champêtre. Imaginez l’ampleur de sa stupéfaction lorsqu’il tomba nez à nez face à ce “wall of fame”.
Ce travail, manifestement d’un gang organisé, est la synthèse de tout ce que l’on peut trouver de meilleur dans le graffiti rural.
Grégol et Poluar: Sans le vouloir, ces jeunes graffeurs en herbes, qui ont mal (ou bien, selon le point de vue) digérés leurs influences, sont une de nos principales sources d’inspiration. Et la on dit

Professeur Gregol et Poluar
Voila, c’est fini.
Si ca vous a plus, allez donc faire un tour sur ce blog, véritable petite mine d’or. http://www.fotolog.com/cr4ck1sm/
Big up à tous les guerriers du xeubron et aux jeunes graffeurs débutants qui restent 100 fois plus inspirants et respectables que leurs prétentieux grands frères.
Peace la mifa, nos gonzesses et tous les potos.
Bisous
Prochain invité : Icinori