
C’est la première fois que je me rends au festival or c’est une année un peu morne. Peu de gens dans les allées et des expositions décevantes. Si le festival ne convainc pas tout à fait, il permet cependant d’infuser dans le graphisme pendant deux jours. Notamment grâce aux plus beaux livres français ou la très bonne librairie mis en place pour l’occasion.
LE CONCOURS PRO
Le concours professionnel avec une sélection pas passionnante peine a donner une image vivante du graphisme contemporain. Un premier prix qui pour moi ne reflète en rien ce qui se fait de vraiment nouveaux. Le deuxième prix tout de même va à Fanette Mellier, pour moi une des graphiste actuelle parmi les plus intéressante.

Ralph Schraivogel - 1er prix

Fanette Mellier - 2ème prix
LE CONCOURS ÉTUDIANT
Autre point négatif, l’accrochage du concours étudiant sur le thème “Le graphisme, c’est quoi ?”. Cette année le jury a jugé qu’il n’était pas capable de faire une sélection parmi les 1200 affiches reçues et qu’il préférait tout exposer. Un accrochage sous forme de classement thématique mettant en valeur le niveau médiocre général. Dommage pour les nombreuses affiches de qualités qui auraient pu faire l’objet d’une sélection intéressante. Il y avait de quoi. Une attitude donneuse de leçon qui ternit l’image du festival. Le jury a prouvé son incompétence en remettant finalement des prix à des affiches sans intérêt. Si on ajoute à ça le boycott du festival par de nombreux étudiants suite à la polémique créer par cette non sélection, on peut considérer l’ensemble comme un Fiasco

Geoffroy Python - 1er prix étudiant
LES AFFICHES CONSTRUCTIVISTE RUSSES
Point fort du festival cette exposition consacrée à une période historique pour l’affiche et l’art en général en Russie. Beaucoup d’affiches méconnues et rares provenant de fonds russes. Un très beau catalogue accompagne cette exposition.

Alexandre Rodchenko

Artiste inconnu

AFFICHES CONSTRUCTIVISTES RUSSES- 1920 - 1940
Pyramid - 35 euros
FRÉDERIC TESCHNER
Cette exposition ne m’a pas convaincue. Je trouve qu’il se perd dans l’abstraction de son travail et moi je m’ennuie.
LOGO IN PEACE - H5
Dans la chapelle des Jésuites, le plus bel endroit, pour exposer, H5 présente Logorama. Un court métrage ultra célèbre depuis qu’il a gagné un oscar. Un film assez impressionnant par son recyclage ingénieux des logos. Ca marche très bien même si le scénario n’est pas extraordinaire. C’est sidérant de voir à quel point on connaît la plupart des logos présents dans le film. On se dit qu’entre un monde fait entièrement de logos et le notre il y finalement peu de différence. L’installation qui accompagne le film propose un cimetière. Des marques mortes dont les logos sont gravés sur des stèles en pierre. J’ai découvert que cette idée avait été développée plusieurs années auparavant. Sans doute une simple coïncidence. C’est troublant. A vous de juger ici


ILLUSTRATIONS EN TUBES
Entre illustrations, graphisme et art contemporain cette exposition donne à voir soit disant une sélection des meilleurs illustrateurs du monde. Rires garantis, cet accrochage tiens plus de l’ordre du comique tant la sélection est médiocre. Quand on sait en plus que les images sont des affiches vulgairement collées sur des poteaux moches en béton. L’aspect cylindrique ne permettant même pas d’apprécier à plat les images. A part deux ou trois illustration intéressantes je considère cette exposition comme du foutage de gueule.

Dessin de Hvass & Hannibal
LA FABRIQUE
Une nouvelle démarche prospective très intéressante. Suite a un appel a projet le festival offre 10 cartes blanches à des collectif de jeunes graphistes. Une manière intéressante de faire sortir le graphisme des supports conventionnels. Sur les 10 projets, le plus intéressant le normotype créer par Roch Deniau un nomographe avec des formes géométrique très simple qu’on peut combiner pour faire motifs, dessins et typo. Une idée simple et forte. A retenir aussi une installation l’imprimante mécanique de Florian Chevillard et Thomas Bernard, une machine pour faire des impressions abstraite et sauvage. Une imprimerie trash et alternatif. Intéressant mais inabouti.



VoilÃ
Je n’ais pas pu voir les autre exposition.
Pour conclure je dirais que pour moi un festival de cette envergure doit se faire l’écho du meilleure des dernières tendances. Les générations de graphiste / illustrateur issues du street art de l’illustration ou de l’underground ne sont pas représentés. Suffit d’ouvrir quelques livres de graphisme récent dans une librairie spécialisée pour comprendre que le festival a un métro de retard. J’espère que Etienne Hervy, le nouveau directeur, plus jeune, sera ouvrir le champ du graphisme à Chaumont.
Si vous avez été au festival, j’attends vos avis dans les commentaires.
J’ai piqué certaines photos sur des sites qui parlent aussi du festival : Ici, ici et là .
Le site du festival : chaumont-graphisme.com
Yassine