Archive pour décembre 2008

L’INVITÉE DU MOIS – 04 – ORÉLI

Mercredi 31 décembre 2008

On fini l’année en beauté avec une artiste dont j’avais envie de parler depuis longtemps. J’ai donc décidé de l’inviter pour parler un peu d’images.

Elle est souvent assimilé à la scène underground belge. Normal car c’est la compagne d’Elzo un activiste graphique dont je vous déjà beaucoup parlé. On peut dire qu’elle vient de ce milieu car elle participe à tous les projets de Plintub, et c’est tant mieux. Mais si son univers est issu de cette sphère, il a pris toute sa dimension quand elle s’en est un peu dégagé.

Sans renier l’héritage “underground?, elle l’a mélangé avec d’autres influences. S’intéressant ces dernières années à l’illustration jeunesse, elle a fait évolué ses images vers des choses plus fun, plus simples, plus colorées et plus naïves. Mais elle a su garder ce coté noir, un peu grotesque qui lui est naturel et qui lui permets de se démarquer de pas mal d’illustrateurs.

Depuis elle travaille dans 2 directions qui se nourrissent l’une l’autre. D’un cote une pratique plus “artistique” lié à la sérigraphie et pensée pour être exposé. Et de l’autre coté une partie illustrative, plus joyeuse. Ce qui me plaît aussi beaucoup chez elle c’est l’usage de la couleur. Elle utilise des gammes restreintes quand elle fait de la sérigraphie, ou laisse éclater milles couleurs dans son travail plus illustratif : des gammes de couleurs généreuses et pétantes qui donne une belle énergie à ses images.

Dans les 2 cas son univers est un mix d’éléments marrants, de motifs ou de symboles forts qui se mélangent dans de grandes compositions un peu foutraques. Souvent une nature fantasmatique et onirique ou personnages, animaux, objets et végétation s’entremêlent dans un élan vital. Une énergie qui lui ressemble traverse ses images.

www.oreli.be

Yassine

DURGA BAI PAR ORELI

Mercredi 31 décembre 2008

Je l’ai découverte par hasard en achetant “Les animaux musiciens” à Otto, mon fils. J’avais vraiment été charmée par la couverture de ce bouquin, n’ayant pas eus le temps de lire l’histoire, je m’étais dis que même si l’histoire était naze, j’étais contente de l’avoir pour le travail illustratif… Mais finalement, l’histoire est très chouette… Les animaux prennent le dessus, et l’homme ne récolte que ce qu’il a semé… Bien fait!

Bref, je ne suis pas super inspirée parler de Durga Bai pendant des
heures, mais je pense que ce qui est à retenir de cette artiste Gond (aborigèbes de l’Inde) , c’est qu’elle puise son inspiration dans les peintures murales et traditions de sa tribu, elle met en scène la vie quotidienne et aime à ce que les relations entre hommes, animaux et nature soient harmonieuses, exactement ce que je désirerais le plus au monde, étant une amoureuse de la nature et bien evidemment des animaux et des hommes (les gentils bien sur!), elle nous transporte dans un autre univers et jonglent avec des thèmes comme la magie, les larmes, le courage, la victoire, l’injustice,…

Dans ses illustrations, elle fait ressurgir un vocabulaire graphique propre à sa tribu ! Ce que j’adore, c’est cette accumulation de points, ses personnages sont comme habillés de motifs. Cela me rappelle mes plus vieux boulots en noir et blanc, j’adorait bosser la trame et le motif. Cette dématérialisation en particules illustre apparemment la force spirituelle des esprits… Chez les Gond, leur présence se trouve principalement chez les êtres humains et les animaux de la forêt.

Elle illustre la douceur du monde tribal, qui malheureusement est de plus en plus menacé par une culture dominante et agressive. Il y a dans ses illus une naïveté enfantine , mais une volonté de faire passer un message pour un monde meilleur…

Oréli

Merci Oréli pour cette vision exotique.

Vous pouvez trouver2 livres de cette artiste chez Actes sud Junior.


- UN, DEUX, TROIS…DANS L’ARBRE
- LES ANIMAUX MUSICIENS
actes sud junior – 14,25 euros

Prochain invité : Emmanuel Kerner

L’IMAGE DE LA SEMAINE – 026

Mardi 30 décembre 2008

Dessin de Noriya Takeyama trouvé dans le petit magazine japonais Free slow.

Yassine

JEAN JULLIEN

Dimanche 28 décembre 2008

Ce graphiste français fait parti d’une génération de jeunes gens qui veulent développer des univers ludiques, où le graphisme ne se prend pas au sérieux. L’illustration et la typo sont traitées sur un même plan dans des installations en volume photographiées. On oublie l’ordinateur ou presque. Faire du graphisme ressemble à un jeu, on dispose des personages et des formes geométriques dans l’espace comme un enfant.

Son univers me fait d’ailleurs penser à un atelier de centre aéré ou des gamins aurait fait feu de tout bois : Pliages, costumes, masques, Ballons, découpages, assemblage, … On retrouve la fraîcheur de l’enfance mais avec un regard précis. Car ce qui frappe aussi dans son travail, c’est la simplicité. Une aisance graphique pour combiner des formes synthétiques et aussi harmoniser des couleurs franches.

On trouve aussi des personnage souvent souriants. Car en plus d’être efficaces ses images savent aussi être émouvantes à l’image de ce logo Abana. Ce qui pourrait être froid chez un autre devient sympathique. La force de ces images tient pour beaucoup dans ce rapport de séduction qu’elle installe avec le spectateur.

Un peu comme Pauk Rand et savignac, 2 de ses grand aînés, il sait faire passer un message de manière directe en créant des image qui parle simplement à tous.

www.jeanjullien.com

Yassine

L’IMAGE DE LA SEMAINE – 026 – JOYEUX NOËL

Vendredi 26 décembre 2008

Image trouvée il y a quelques années sur la news letter Today’s inspiration qui est aussi maintenant un blog dédié au images vintages.

Yassine

HARA KIRI

Mercredi 24 décembre 2008


Dessin de Topor

Hara-kiri est tout simplement le magazine le plus drôle paru en France. Un ouvrage sorti il y a un mois compil les meilleurs pages extraites de ce génial canard : fausses pubs, Roman-photos, dessins, bd. Le tout agrémenté de quelques explications de Cavanna qui raconte l’ambiance unique et folle qui régnait dans les locaux du mythique journal.

Si ces images on désormais un coté vintage. Ce qui me frappe c’est que leur but n’était pas de séduire ni de faire jolie mais avant tout de faire sens en en mettant “plein la gueule” au lecteur. Un humour coup de poing qui se fout de l’esthétique. Le coté sale, subversive, voir amorale de certaines images donne un coup de fouet salutaire dans un contexte créatif actuelle très formaliste.

Vous ne pouvez vivre sans ce livre chez vous.

HARA KIRI , LES BELLES IMAGES
Éditions Hoëbeke – 30 euros

Un site dedié aux couvertures de Hara Kiri.

Yassine

L’IMAGE DE LA SEMAINE – 025

Jeudi 11 décembre 2008

Dessin de Brecht Vandenbroucke

Yassine

L’INVITÉ DU MOIS – 03 – VINCENT MATHY

Lundi 8 décembre 2008

Avec un peu de retard, voici l’invité du mois de novembre.

Une actualité conséquente pour ce dessinateur belge : Un beau livre chez Gallimard et une expo à Liège. Une bonne occasion pour moi de l’inviter dans cette rubrique, car c’est aussi un des plus fin connaisseur en matière d’illustration.

Après des études de dessin, il commence à travailler à la fois comme illustrateur et comme auteur de bd. La série Ludo publiée chez Dupuis propose une bd dans la bd. En effet le personnage éponyme est fan de l’inspecteur Castar, une bd qu’il lit sans cesse et qui raconte les histoires un flic prisonnier d’un exosquelette, qui lui donne une force prodigieuse. C’est Vincent Mathy qui anime les aventures de ce policier avec un dessin très graphique, un peu ligne clair mais plus moderne. Cette série n’est malheureusement pas beaucoup mise en avant par l’éditeur. Dommage car c’est une des rares bonnes choses éditées par Dupuis dans les années 90/2000. Une série qui s’adresse aux enfants avec une certaine intelligence et aborde des sujet contemporains en les plaçant simplement dans le réel. Sans négliger une part d’imaginaire qui s’exprime dans les pages de Castar.

Spirou hebdo publiera même le faux magazine de Castar encarté dans le journal. 12 numéros où les auteurs de la série (Bailly, Lapière et donc Mathy) inviteront des illustrateurs et auteurs de bd parmi les plus passionnants du moment. Un savant mélange de bd et d’images qui annonce l’approche moderne d’un journal comme Capsule Cosmique. L’intégrale de Castar Mag sera vendu dans un fassicule joint avec le tome 2 de Ludo.

Parallèlement il développe un univers encore plus personnel dans l’édition jeunesse. Il aime à créer des ambiances tout en douceur . La nature est le sujet ou il s’exprime le mieux. Créant des images où des personnages plein de charme s’ébattent dans des décors bucoliques. Chaque détail est pensé, il sait très bien retranscrire la sensation de la nature qui l’entoure tout en la stylisant de manière forte. Son dessin semble vivre au rythme des saisons comme si il mettait sur le papier les changements de la nature qu’il observe par la fenêtre de son atelier (Il vit à la campagne).

Une approche graphique très documentée donc, mais jamais assujettie à la réalité. Il sait composer ses images pour les rendre graphiques et séduisantes. On a envie de se promener dans cette nature recrée ou la flore semble si belle, de mettre un bonnet et de rentrer dans ses images pour fouler du pied cette neige qui semble si duveteuse.

Son art de l’ambiance culmine dans son dernier livre très impressionniste”La plus grand bataille de polochons du monde”. Le titre un peu trop tapageur est trompeur. L’intérêt réside ailleurs, il recrée les sensations de l’enfance dans des grandes compositions ou plein de petites histoires se croisent. On se perd dans les images, on se laisse imprégner par cette sensation de fouilli , de chahut ludique. Vers la fin du livre dans un mouvement final les personnages convergent dehors pour un final plein de quiétude. Un bel album hivernal !


La plus grand bataille de polochons du monde
de Vincent Mathy & Vincent Cuvellier – Gallimard – 12,50 euros

Exposition
du 21 novembre au 15 janvier
Librairie Livres aux tresors
4 rue S. Laruelle – Liège 4000

Sa page Flickr.

Yassine

KURT WIRTH (1917-1996) PAR VINCENT MATHY

Lundi 8 décembre 2008

Je profite de cette carte blanche pour mettre en avant ce dessinateur Suisse dont j’aime particulièrement le parcours. Kurt Wirth, né à Bern, élève de Han Fischer (*), a démarré sa carrière dès 20 ans comme illustrateur. Il étend ensuite ses activités au graphisme, à la peinture, la gravure en passant par le livre pour enfant, l’affiche, la couverture de livre ou encore le timbre poste. Ses travaux les plus connus sont ceux réalisés pour la compagnie aérienne Swissair .

Étonnement, cet homme à l’allure classique qui imposait à tous ces assistants le port de la pantoufle dans son atelier, a de plus en plus varié les techniques et les supports, avec toujours beaucoup de liberté et d’élégance. Chaque commande appelant un choix franc.

Le premier mot qui me viendrait a l’esprit pour qualifier son travail est « hybride ». J’aime son « malaxage » d’influences (parfois diamétralement opposées). On peut le rapprocher à certain moment des préoccupations constructivistes, modernistes, à d’autre moment du dessin pour enfant et de l’art brut, ou encore de l’art abstrait. Tout cela sans déforcer son style et avec toujours en toile de fond la volonté de communiquer.


Pochettes de disques

J’aime les tensions qu’il induit dans son travail. Kurt Wirth dans ses images joue finement avec toutes les composantes du dessin. Souvent, chez lui, chaque motif du dessin est à la limite de la représentation. Il arrive dès lors à créer à travers ses images une véritable connivence avec son lecteur sans lui mâcher la tâche.

J’aime ce travail qui à première vue pourrait être qualifié de froid ou d’austère, mais qui à mes yeux se révèle chaud et bouillonnant. La couleur me plait aussi beaucoup chez lui, parfois réduite à une bichromie, à d’autres moments basée sur des accords simples et subtiles, variations de couleurs froides et chaudes.
Elle aussi révèle beaucoup de sensibilité chez cet homme.


Dépliant pour une boucherie

Cerise sur le gâteau, Kurt Wirth fut aussi professeur. Dans ce cadre il écrivit plusieurs livres sur le dessin. Je vous les conseille, ils sont passionnants. Mélange de réflexion et d’exercices pratiques, je les ai dévorés. Un véritable outil de libération pour tout créateur d’images.

References des livres écrit par Kurt wirth :
- « Dessin rôle réalisation » niggli ltd, 1965
- « Dessiner création visuelle » ABC verlag, 1976


Double pages du livre pour enfant Tschuff

À l’heure actuelle, son importance reste intacte. En Allemagne, un dessinateurs comme Martin Tom Dieck a clairement repris le flambeau.

Vincent Mathy

(*) illustrateur pour enfants à la renommée internationale (1909-1958)

Merci Vincent pour cette belle découverte.

Prochaine invitée : Oréli

L’IMAGE DE LA SEMAINE – 024

Lundi 1 décembre 2008

Une affiche de la toujours très forte GwÉnola Carrère,trouvée sur Gigposters.

Yassine