Archive pour octobre 2008

L’INVITÉ DU MOIS – 02 – ROMAIN DUTREIX

Vendredi 31 octobre 2008

L’INVITÉ DU MOIS – 002 – ROMAIN DUTREIX


Couverture pour le fanzine (As huître) N°4

2ème invité en la personne de Romain Dutreix, auteur de bd discret et amateur de belles images rétro.

Méconnu du grand public ce dessinateur au trait noir est cependant apprécié des spécialistes plutôt pointus. Il a commencé dans les années 90 en publiant dans plein de fanzines : La Marmyt rooj, Allô les pompiers, La Purée, Sierra Nueva, Sushi bondage, Therapid groop, etc . Après il collabora un peu à Psikopat et à Spirou mais sans grande conviction.

Auteur de 2 albums : l’ultra-obscur “Une folle nuit d’Hervé D” chez feu Pietr Piotr éditions et une bd jeunesse assez réussie “Martin l’apprenti pirate” chez Casterwoman. Sur un scénario de Thomas Estienne. Depuis peu il publie dans Fluide glacial une série d’histoires autour de la musique.



2 pages extraites d’une Autophagie inédites

Mais si ces bd sont chouettes, il garde cependant le meilleur de sa production pour l’underground. Son talent éclate dans ses bd en noir et blanc où son trait grouillant de détails dépeint une humanité dérangée. Dans sa série “Autophagie” il représente systématiquement et de manière frontale un cuisinier qui se mange d’une manière bizarre. L’un transsexuel mange du fromage fait avec le lait de ses seins aux hormones, un autre éclate ses boutons d’acné pour en faire des spaghettis qu’il accommodera avec de la sauce tomate. Hélas ces bd sont invisibles et seuls les plus farouches collectionneurs de fanzines peuvent s’enorgueillir de les avoir lues. Espérons qu’un jour un éditeur ait la bonne idée de les réunir.

En ce moment il publie la série “Mue intégrale” pour le fanzine en ligne (As huître). La seule partie émergée de son ˛uvre underground.


Extrait d’une bd publiée dans Sushi bondage N°2
Lire cette page en plus grand ici

Pour faire une métaphore bizarre : son univers est un peu comme un chat crevé sur le bord de la route qu’on aurait oublié et dans lequel on pourrait voir des asticots grouillant. Ce microcosme larvaire c’ est peut-être l’image de l’humanité qu’il veut montrer à travers ses bd. Mais sans prétention, juste histoire d’éc˛urer un peu les gens, mais en y ajoutant du rire. Car un des ingrédients essentiels de son univers c’est son humour féroce, sans tabous. Se moquer de tout, ne rien respecter, mais avec une certaine distance, sans hargne.

Pour finir je dirais que Romain Dutreix est une sorte de fils caché de 2 grands névrosés de la bd, Franquin et Crumb. Du premier il a le côté classique et déviant, du second il a le coté underground et passéiste d’une bd déconnectée de la vie moderne. Un beau mélange, un peu freaks ce qui ne gâte rien !!


Romain en authentique esthète aime décompresser en se déguisant.

Plus de bd de sur ce site ashuitre.free.fr

CALVO (1892-1958) PAR ROMAIN DUTREIX

Vendredi 31 octobre 2008


Extrait de “Rosalie”

Quand Yassine m’a invité à intervenir sur son blog je me suis demandé de quoi je pourrais parler. Connaissant mon côté passéiste, Yassine m’a suggéré le nom de Calvo. Effectivement, Calvo a été un des premiers dessinateurs que j’ai vraiment admirés, et ça tombe bien, c’est du patrimoine. A-t-il influencé mon travail directement ? Je ne saurais le dire, pas directement je pense, mais il a quand même eu pour moi une importance considérable et certains traits de son travail entrent en résonance avec certaines de mes « obsessions » (pour parler comme un artiste).


Extrait de “Patamousse”

Aujourd’hui on a un peu oublié Calvo, qui a été pourtant un des dessinateurs les plus connus et les plus prolixes de la fin des années 40 et du début des années 50. On en retient surtout qu’il a été le maître – de façon informelle – d’Uderzo (dont je n’aime d’ailleurs pas du tout le travail, pour moi c’est du Greg en plus chic). Alors que ce qui le caractérise et le distingue de ses collègues, à mon sens, c’est sa vision quasiment animiste d’un univers dont les humains sont d’ailleurs presque absents.

En effet, Calvo n’est pas très bon pour dessiner les humains, il préfère les animaux, mais ces derniers ne sont pas les seuls personnages de ses histoires, car chez lui – et c’est pour ça que j’employais le mot animiste – chaque objet semble animé d’une vie propre (parfois ils le sont vraiment comme dans Rosalie). Il y a dans son traitement des décors (architectures ou éléments naturels) et du moindre objet une déformation, un dynamisme, et aussi une débauche de détails tendant à doter ledit objet ou décor d’un certain « vécu » : tout chez lui est bancal, rafistolé, chaque tissu est rapiécé, chaque meuble est fendu, chaque assiette est ébréchée, etc.


Page extraite de “La bête est morte”

C’est ça que j’ai particulièrement aimé chez lui, c’est ce côté rafistolé et organique qu’ont absolument tous les éléments du dessin : les personnages (car c’est un très grand dessinateur animalier, on le surnommait d’ailleurs le Disney français; Disney qui a soit dit en passant tenté de le recruter pour ses studios, ce qu’il avait l’habitude de faire dès qu’il remarquait quelqu’un d’un peu talentueux, en général pour le transformer en tâcheron anonyme, proposition refusée par Calvo), les accessoires, le décor, etc. Aucun élément n’est « neutre » ou « générique », chacun a une histoire (dont il porte les stigmates). Pour moi, en cela, il serait plutôt le précurseur de Carlos Nine que d’Uderzo. Tout ça débouche sur une certaine horror vacuii, une horreur du vide, qui le pousse à charger ses dessins de détails indiquant l’usure et la décrépitude. Et là j’avoue que c’est un peu l’œuf et la poule : je ne sais pas si c’est Calvo qui a fait naître le même travers chez moi ou si c’est ce travers qui m’a poussé à apprécier Calvo, mais en tout cas c’est bien un de mes travers, ça c’est sûr.

Romain Dutreix

Merci très cher Romain pour cette analyse savante.

Pour plus d’info Biographiques sur Calvo cest par ici.

Prochain Invité : Vincent Mathy

L’IMAGE DE LA SEMAINE – 019

Mardi 28 octobre 2008

Retrouvé dans mes archives ce beau Mickey signé Killoffer.
Un dessin fait pour Libé.

Yassine

ZÉKÉ BAZAAR À PARIS

Lundi 27 octobre 2008

ZÉKÉ BAZAAR À PARIS
du 30 octobre au 23 novembre


Le beau flyer d’Oréli

Cette exposition organisé par le collectif plin’tub pour la sortie du troisième numéro de la revue Zéké bazaar débarque à Paris. Tout le bien que j’en pense dans mon précédent post sur l’expo à Bruxelles. C’est par ici.

Vernissage le 30 octobre à 19h00

Le Monte en l’air
6 rue des panoyaux
M° Ménilmontant
www.plintub.be

Yassine

ANOUK RICARD – 02

Vendredi 24 octobre 2008

J’évoquais son travail il y a peu de temps ici. Après 2 Tomes d’ Anna et Froga, charmante série pour enfants sortie chez le même éditeur, c’est là son troisième album. Au départ plus connue pour ses livres jeunesse elle est en train de se faire une jolie place dans le milieu de la bd. Elle y apporte une fraîcheur inédite. Ses influences ne viennent pas de la bd et ça ça se voit.

Son ton naïf et enfantin crée un décalage étonnant dans cette bd “adulte”. Sur fond d’enquêtes faussement sordides se croissent suspects minables et bourgeois ennuyeux dans un univers qui me fait penser à un croisement aussi improbable que délicieux entre l’inspecteur Lavardin et la maison de Toutou.

On trouve aussi dans cet album un souci d’esthétisme qui fait du bien : une gamme de couleurs très personnelle (ce qui est assez rare dans la bd), des entêtes de chapitre en volume très réussies plus tout un tas de personnages secondaire aussi mignons que drôles. Au final un objet pensé dans le détail et qui ressemble vraiment à son auteur, ce qui donne un livre irrésistible !


Commissaire Toumi d’Anouk Ricard
Sarbacane – 14,90 euros

Yassine

L’IMAGE DE LA SEMAINE – 018

Lundi 20 octobre 2008

Dessin de Serge Seidlitz.

Yassine

JANKO DOMSIC (1915-1983)

Jeudi 16 octobre 2008

du 17 octobre au 22 novembre 2008

La galerie l’objet trouvé consacre une expo à ce dessinateur né en croatie mais ayant passé la plus grande partie de sa vie en France. Comme pour beaucoup d’artistes d’art brut on sait peu de choses sur lui. Il a visiblement mené une existence pauvre consacrée au dessin.

Stylos bille, feutres ou crayons de couleurs, ils utilise des moyens simples pour créer des images chargées toujours basées sur les mêmes structures. Il sature l’image de formes géometriques, de signes et de textes autour d’un ou plusieurs personnages. Il superpose les couleurs et les symboles, créant involontairement un univers abscon. Cette accumulation crée une ambiance ésoterique, bizarre et captivante.

L’objet trouvé
24 rue de Charenton
75012 Paris
M° Bastille

www.objet-trouve.com

Plus d’image sur ce site www.abcd-artbrut.org

Yassine

BLEXBOLEX

Mercredi 15 octobre 2008

Le génial Blexbolex sort un magnifique imagier pour enfants. 200 pages imprimées en trichromie sur du très beau papier fin. Couverture à rabats et livre toilé. Un objet ultra soigné qui prend la pôle position dans la course du plus beau livre français de l’année.

Des aplats en tons directs se superposent pour créer d’autres couleurs. Ce qui donne une ambiance cohérente dans tout le livre tout en offrant une richesse d’ambiance. Le dessin varie entre formes épurées : des personnages aux proportions élégamment déformées à des pages plus réalistes. Un esprit de synthèse hérité de la ligne claire d’Hergé sans le trait, mais aussi du formalisme et de la simplicité de l’illustration russe des années 30. Deux influences qui se mélangent dans un travail qui reste très personnel.

Le livre est structuré en double pages mettant en relation à chaque fois deux mots. Blexbolex s’amuse à trouver des liens entre ses mots par l’image. De plus le livre propose un vocabulaire plutôt riche. C’est toujours une bonne idée de vouloir tirer les chose vers le haut quand on s’adresse aux enfants, ce qui n’est pas toujours le cas. Seul reproche, une mise en page trop systématique qui crée une monotonie au fil des pages. Mais en dehors de cette critique c’est un bouquin exigeant et beau qui se démarque de la production jeunesse actuelle.

Blexbolex va sortir deux autres livres d’ici la fin de l’année.
Je vous en reparlerais.

L’IMAGIER DES GENS de Blexbolex
Albin Michel – 14.90 euros

Plus d’images de Blexbolex ici.

Yassine

L’IMAGE DE LA SEMAINE – 017

Lundi 13 octobre 2008

Dessin de Mix & remix paru dans dans Siné Hebdo N°5.

Yassine

BRAS DE FER GRAPHIQUES – 02

Jeudi 9 octobre 2008

Le 2ème tour du tournoi de Bras de fer organisé par Rupert & Mulot est en ligne depuis peu. Au programme des combats opposants ces dessinateurs :

- Trondheim vs Ayroles
- Berberian VS Boulet
- Olivier schrauwen VS Aude Picault
- Olislaeger Vs Lumineau

Une bonne idée qui suit son chemin.

www.succursale.org
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Yassine